Pour commencer

La section qui suit vous aidera à comprendre les personnes handicapées et les obstacles à la participation, en plus de vous fournir des astuces pour commencer à collaborer avec les personnes handicapées de votre communauté.

Qui sont les personnes handicapées?

Il s’agit de nos voisins, de nos amis et des membres de notre famille qui contribuent à nos collectivités. Ces personnes veulent participer à tous les aspects de notre communauté confessionnelle.

Lorsqu’ils pensent à des personnes handicapées, certains individus peuvent avoir tendance à ne penser qu’aux personnes en fauteuil roulant ou qui présentent un handicap visible. Or, les handicaps peuvent également être cachés; il n’est pas toujours apparent qu’une personne présente un handicap

En Ontario, le terme « handicap » a un sens large et comprend la surdité, la perte auditive, les handicaps de développement, les troubles d’apprentissage et les troubles de santé mentale, ainsi que le recours à un animal d’assistance, un fauteuil roulant ou tout autre appareil ou dispositif fonctionnel. Faits en bref :

  • Moins de trois pour cent des personnes handicapées utilisent un fauteuil roulant ou tout autre appareil ou dispositif fonctionnel.
  • Une personne sur sept est atteinte d’un handicap. Cela représente 1,65 million de personnes. Il est fort probable que chaque famille en Ontario soit touchée par un handicap, qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un ami, etc.
  • D’ici à 2035, on s’attend à ce que ce pourcentage augmente à une personne sur cinq en raison du vieillissement de la population. À mesure qu’ils vieillissent, les gens sont plus susceptibles de développer un handicap, comme une perte visuelle ou auditive, entre autres. Les lieux de culte doivent accommoder ces personnes afin qu’elles puissent continuer d’évoluer de façon dynamique à titre de membres à part entière de la communauté religieuse.
  • Les personnes handicapées ne constituent pas un groupe homogène; il peut s’agir de personnes qui n’entendent ou ne voient pas bien, qui éprouvent de la difficulté à marcher, qui ont des capacités limitées de coordination ou de dextérité, ou qui traitent l’information de façon plus lente.

Mythes au sujet des personnes handicapées*

Chaque personne, peu importe ses capacités, mérite d’être traitée avec la même dignité et le même respect.

Mythe : Les personnes handicapées sont inférieures aux personnes « normales », et leur vie est très différente.

 

 

 

Réalité : Le terme « normal » est relatif. Nous avons tous des talents, des habiletés, des personnalités et des intérêts différents ‒ entre autres! Les personnes handicapées fréquentent l’école, se marient, travaillent, fondent des familles, s’amusent, font la lessive, vont magasiner, mangent au restaurant, voyagent, font du bénévolat, votent, paient leurs impôts, rient, pleurent, planifient et rêvent ‒ exactement comme tout le monde.

 

Mythe: Nous devons avoir pitié des personnes handicapées.

Réalité : Il s’agit d’une attitude condescendante. Les personnes handicapées n’ont pas besoin de pitié; elles ont besoin d’accéder aux mêmes possibilités que tout le monde.

Mythe: Les personnes handicapées sont braves et courageuses.

Réalité: S’adapter à un handicap ne demande pas de bravoure, ni de courage; cela demande la faculté de s’ajuster à un mode de vie.

Mythe: Il faut faire attention en parlant aux personnes handicapées parce qu’elles s’offusquent facilement si l’on n’emploie pas les mots justes.

Réalité:  Il vous suffit de demeurer poli et respectueux, comme vous le seriez si vous parliez à quelqu’un d’autre. Si vous ne savez pas quoi dire ou quoi faire, vous pouvez tout simplement le demander à votre interlocuteur (assurez-vous de bien écouter).

Mythe: Les personnes handicapées ne souhaitent pas participer à des activités.

Réalité: Les personnes handicapées ont les mêmes préférences, perceptions, attitudes, habitudes et besoins que les personnes n’ayant pas de handicap. Elles souhaitent bénéficier de la même qualité en matière de participation et de possibilité.

 

*(Adapté de la parution : Notre participation compte : éliminer les obstacles à la participation des personnes handicapées au processus politique, Direction générale de l’accessibilité pour l’Ontario)

Que sont les obstacles?

Les lieux de culte accueillants sont inclusifs de la porte d’entrée à la chaire, à la bimah ou au minbar.

Les obstacles font en sorte qu’il s’avère difficile, voire parfois impossible, pour les personnes handicapées de participer pleinement aux activités de la vie quotidienne, y compris la pratique de leur culte.

Plusieurs personnes croient que les handicaps sont des obstacles, mais ce n’est pas le cas. Généralement, les obstacles sont présents parce que les besoins des personnes handicapées n’ont pas été pris en compte. Il est également important de reconnaître que les traditions religieuses de longue date peuvent parfois occasionner des obstacles. Lorsque vous aurez compris ce que sont les obstacles, vous serez en mesure de les repérer plus facilement dans votre lieu de culte.

Obstacles comportementaux

L’attitude est probablement l’obstacle le plus difficile à surmonter, car il s’avère difficile de changer la façon dont les gens pensent et se comportent.  Les obstacles comportementaux peuvent faire que les personnes handicapées soient traitées différemment des personnes qui ne sont pas handicapées.

Exemples :

  • Supposer qu’une personne qui a un trouble de la parole souffre d’une déficience intellectuelle, et lui parler comme l’on parlerait à un enfant.
  • S’adresser à la personne de soutien, et non directement à la personne handicapée.
  • Ignorer ou éviter complètement les personnes handicapées. Rappelez-vous, l’attitude est un obstacle important que nous avons la capacité de changer.
  • Avoir peur de dire ou de faire quelque chose d’incorrect, ou d’être rejeté.

Ne pas aborder la question de savoir si les traditions religieuses de longue date occasionnent des obstacles, comme le fait de s’agenouiller, de se prosterner ou de proclamer les écritures.

Obstacles à l’information et à la communication

Les obstacles à l’information et à la communication sont présents lorsqu’une personne handicapée ne peut pas obtenir ou comprendre facilement l’information accessible aux autres.

Exemples :

  • caractères d’imprimerie trop petits dans les livres de prières, brochures et affiches ne pouvant pas être lus par les personnes ayant une basse vision;
  • prédication orale ne pouvant pas être entendue par les personnes malentendantes.

Obstacles architecturaux ou structurels

Les obstacles architecturaux ou structurels sont présents lorsque les caractéristiques de la conception d’un bâtiment restreignent l’accès aux personnes handicapées.

Exemples :

  • poignées de porte difficiles à tourner pour une personne dont la mobilité et la force sont restreintes, comme une personne qui souffre d’arthrite;
  • escaliers qui mènent à la chaire, à la tribune du chœur ou à un étage supérieur qui ne sont pas accessibles à une personne en fauteuil roulant;
  • porte-manteaux trop hauts pour être atteints;
  • entrées ou allées qui sont bloquées.

Établir des rapports avec les personnes handicapées

Il se peut que les membres de votre communauté soient incertains de la meilleure façon d’aborder une personne handicapée. Comme pour la plupart des interactions humaines, il y a des règles d’étiquette à suivre. Voici quelques astuces sur l’interaction et l’établissement de rapports avec les personnes handicapées.

Employer les mots justes

  • Utilisez un langage centré sur la personne qui met l’accent sur la personne; par exemple, dites « homme qui utilise un scooter », plutôt que « homme handicapé » ou « utilisateur de fauteuil roulant ».

Astuces générales

  • Demandez « Comment puis-je vous aider? » et écoutez la réponse (fig. 3).
  • Dites ouvertement que vous ne savez pas exactement quoi dire ou comment aider. Le fait d’affirmer que vous ne savez pas comment faire constitue la première étape dans l’apprentissage d’une chose nouvelle.
  • Intégrez la personne handicapée dans le processus de résolution de l’obstacle rencontré.
  • Réservez un accueil chaleureux aux nouveaux membres éventuels.
  • Évitez les stéréotypes. Si vous ne connaissez pas la personne ou son handicap, il est préférable d’attendre qu’elle vous décrive sa situation, plutôt que de vous en tenir à des suppositions à cet égard. De nombreux handicaps ne sont pas visibles, ou se manifestent de manière semblable, et vos suppositions risquent d’être fausses.
  • Soyez patient. Les personnes ayant certains types de handicap peuvent avoir besoin d’un peu plus de temps pour vous répondre. Écouter de façon attentive constitue un bon point de départ.
  • Si vous ne pouvez pas comprendre ce que la personne vous dit, demandez-lui poliment de répéter.
  • Ne touchez pas sans autorisation les appareils ou dispositifs fonctionnels, y compris les fauteuils roulants.

Astuces pour interagir avec les personnes qui utilisent un fauteuil roulant

  • Les personnes qui utilisent un fauteuil roulant souhaitent être le plus autonomes possible; aidez-les uniquement lorsqu’elles en font la demande.
  • Ne touchez pas à leur fauteuil roulant sans autorisation.
  • Si vous organisez une sortie, assurez-vous que votre destination est exempte d’obstacles afin d’éviter les problèmes possibles pour les personnes qui utilisent un fauteuil roulant, ou qui ont d’autres besoins particuliers.
  • Adressez-vous directement à la personne handicapée, et non à la personne qui l’accompagne ou à sa personne de soutien.
  • Si vous devez avoir une longue discussion, pensez à vous asseoir sur une chaise pour être en mesure de regarder la personne dans les yeux.
  • Ne touchez pas au fauteuil roulant et ne le déplacez pas sans permission.

Astuces pour interagir avec les personnes qui sont sourdes ou malentendantes

  • Parlez de façon claire (sans exagérer la prononciation).
  • Formulez des phrases courtes.
  • Réduisez le bruit ambiant, et faites face à votre interlocuteur.
  • Attirez l’attention de la personne avant de lui adresser la parole. La meilleure façon consiste à taper gentiment sur son épaule ou lui faire un signe de la main. Servez-vous d’un appareil d’amplification du son, le cas échéant (fig. 4).
  • Au besoin, demandez à la personne si une autre méthode de communication serait plus facile (par exemple l’utilisation d’un stylo et de papier).
  • Disposez les chaises de sorte à former de petits groupes, de préférence en cercle, ou autour d’une table ronde.
  • Demandez aux conférenciers de fournir des notes lors de grandes réunions.

Astuces pour interagir avec les personnes ayant une déficience visuelle

  • Ne supposez pas que la personne ne peut pas vous voir.
  • Identifiez-vous par votre nom lorsque vous approchez la personne.
  • Avisez la personne lorsque vous quittez la conversation ou les lieux.
  • Soyez précis et clair lorsque vous donnez des directives ou des consignes.
  • Offrez le coude pour guider la personne, au besoin. Marchez comme vous le feriez normalement.
  • Demandez-lui si elle souhaite que vous lui lisiez des documents imprimés à voix haute.
  • Offrez de lui décrire des renseignements.
  • Ne touchez pas ou ne vous adressez pas au chien d’assistance de la personne. N’oubliez pas qu’un chien-guide n’est pas un animal de compagnie; c’est un animal de travail. Si vous ne savez pas s’il s’agit d’un animal de compagnie ou d’un chien-guide, demandez-le à la personne.

Astuces pour interagir avec les personnes autistes

  • La routine est importante pour plusieurs personnes autistes. Les surprises sont souvent sources de peur. Laissez place à la prévisibilité, et annoncez à l’avance les changements. La confusion peut se manifester sous forme de colère, alors que les bruits forts et soudains, y compris des applaudissements imprévus, peuvent occasionner la peur.
  • Saluez la personne de façon normale en établissant un contact visuel bref, même si aucune réponse n’est attendue ou même possible. Saluez la personne par son nom.
  • Offrez une poignée de main, mais n’insistez pas.
  • Mettez des personnes de soutien à la disposition de la personne autiste lors de rencontres et d’événements liés à l’office.
  • Fournissez des supports visuels en complément aux renseignements.
  • Rappelez-vous que pour certaines personnes, bon nombre de sensations que la plupart des gens tiennent pour acquises sont déplaisantes, voire pénibles.

Astuces pour interagir avec les personnes ayant la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence

  • Écoutez attentivement ce que la personne dit.
  • Pensez aux sentiments exprimés derrière les mots prononcés par la personne. (Nos expressions faciales, nos contacts visuels, notre posture, la position de nos jambes et de nos bras ‒ l’ensemble de notre langage corporel ‒ en disent aussi long que nos mots).
  • Ne demandez pas à la personne de se remémorer un événement survenu dans le passé. Parlez des événements dont vous vous souvenez ou de ceux que vous savez qu’ils sont arrivés, et du rôle de la personne dans ces événements.
  • Traitez la personne avec le même respect et la même prévenance que vous démontrez aux autres.
  • Soyez patient.

Astuces pour interagir avec les personnes ayant une déficience intellectuelle

  • Faites preuve de la courtoisie habituelle, comme une poignée de main.
  • Si vous éprouvez de la difficulté à comprendre ce que la personne vous dit, ne faites pas semblant de comprendre; demandez-lui de répéter.
  • Demandez à un membre de la famille ou à une personne de la communauté religieuse d’accueillir la personne et de s’asseoir avec elle durant l’office, au besoin.
  • Faites participer les enfants ou les adultes ayant une déficience cognitive au plus grand nombre possible de programmes communautaires (fig. 6).
  • Utilisez un langage clair et formulez des phrases courtes.
  • Offrez votre soutien et soyez patient (fig. 7).
  • Adressez-vous directement à la personne, et non à la personne qui l’accompagne ou à sa personne de soutien.

Avez-vous essayé ce qui suit?

  • Mettez en place des procédures en vue d’accueillir de nouveaux membres, y compris des membres ayant un handicap.
  • Demandez au nouveau membre ce qu’il/elle souhaite le plus obtenir de la communauté.
  • Si vous savez qu’une personne handicapée entend fréquenter votre lieu de culte, demandez-lui au préalable si elle aura besoin d’aide lors de sa visite.
  • Passez en revue la capacité de votre communauté religieuse à fournir des accommodations en matière d’accessibilité, comme des livres à gros caractères, un accès pour les fauteuils roulants et un service d’interprétation.
  • Si une personne handicapée entend participer à un de vos groupes, tâchez de déterminer ses habiletés particulières et trouvez des façons de mettre à contribution ces talents.

Liste de vérification des progrès réalisés

  • Nous reconnaissons l’existence et la diversité des personnes handicapées autour de nous.
  • Nous reconnaissons que des obstacles peuvent survenir lorsque les besoins des personnes handicapées ne sont pas pris en compte.
  • Nous comprenons que les obstacles comportementaux sont les obstacles les plus difficiles à surmonter, mais que la capacité de modifier notre attitude existe en nous.
  • Si nous ne savons pas exactement quoi dire ou comment aider, nous allons poser des questions aux personnes handicapées au lieu d’y aller de nos propres suppositions sur la façon d’établir un rapport avec elles.